Presse

 

"Colette Sodoyez, comédienne de doublage": Interview ici

 

"Peau de vache" 2016

Notre critique de Peau de vache

Peau de vacheVéritable garçon manqué, surnommée Peau de vache par ses frères, Marion n’a pas sa langue dans sa poche.
Son caractère entier et bien trempé qui lui fait refuser quasiment toute idée de concession, ses mots sans détour qui n’hésitent pas à appeler un chat un chat (pour rester polie) et son art pour dégager illico presto les pique-assiettes, les cons, les impolis et autres empêcheurs de tourner en rond, la font paraître, pour son entourage, qu'elle mène sévèrement à la baguette,  comme oscillant entre virago et gendarme en jupons.
Si son mari, un violoncelliste de renom, s'est accoutumé, à la longue, aux éclats de sa foudroyante moitié, force lui est de reconnaître qu’un peu de calme, de sérénité et de douceur ne seraient pas pour lui déplaire de temps en temps.
Quand déboule la gauche, timide, mais charmante Pauline dans leur jardin, les choses vont tout petit à petit déraper.
Les caractères se dévoilent, plus forts, plus intransigeants, plus subtils, plus féroces aussi pour le plaisir de nos zygomatiques.

Véritable pivot de ce spectacle joyeux, débridé et drôlement décapant, Perrine Delers (Marion) navigue aisément entre dragonne, chameau et adepte d’une zénitude aussi mielleuse que cocasse.Peau de vache
Si son énergique présence n’arrive pas à contaminer une Éléonore Peltier un peu trop discrète pour ce rôle de fausse doucereuse, elle trouve par contre un solide répondant dans le couple des Durand-Bénéchol (formidables Laurent Renard et Colette Sodoyez) ou dans l’expressif Cazenave (le vétérinaire interprété par Frédéric Clou.  Tiraillé entre ses deux femmes, Pierre Pigeolet réussit à tirer son épingle du jeu, à coups de mimiques désabusées et de veuleries bien masculines.
Signée Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy et habilement mise en scène par David Michels, pour permettre une adaptation facile à chacun des lieux visités par la Tournée des Châteaux, cette Peau de vache, virago agaçante et attachante vous offrira une chouette soirée de détente. 

Muriel Hublet
Spectacle vu le 07-08-2016 
Festival Royal de Théâtre de Spa

"Nymphéas noirs" de Michel Bussi. Audio livre.

 

 Critique sur Babelio.com:

Le style de Michel Bussi est irréprochable, les descriptions sont nombreuses et précises, j'ai rarement voyagé avec autant d'aisance et d'intensité en lisant un livre. Je n'étais plus dans mon salon, mais bien dans les jardins de Giverny ou dans la maison de Monet ou encore aux côtés de la narratrice. Bravo pour cela ! La plume de Michel Bussi est fluide et addictive comme à chaque fois. Impossible de ne pas être sous le charme des écrits de l'auteur. 
En ce qui concerne l'interprétation de Colette Sodoyez, la lectrice, elle est juste parfaite. le ton est là, la voix est posée, on se laisse complètement guider et bercer par les mots qui deviennent de très belles phrases, puis de magnifiques images dans nos têtes. Très bon choix de la part d'Audiolib d'avoir choisi cette lectrice.
En bref, un livre audio à découvrir de toute urgence et un auteur à suivre de très près. Michel Bussi fait partie de mes auteurs favoris et ce n'est pas pour rien !

 

 

Spectacle, théâtre, Opéra... - Rubrique Animée par Roger Simons

 
LE BERET DE LA TORTUE(2011)

  Représentations de " Le Béret de la Tortue " les 14,15, 16/07, les 04, 05, 06/08, 27,28 et 31/08

 
  Château du Karreveld
 
  Avenue Jean de la Hoese 3 - 1080 Bruxelles

 
  du 14/07/2011 au 03/09/2011

 
 

Infos / Réservations : 02 / 724 24 24


 
 


J'avais vu cette pièce en 2005 au Théâtre Royal des Galeries.
J'avais beaucoup aimé et la mise en scène de Patricia Houyoux (très soignée) et le jeu des acteurs dans l'interprétation de leurs personnages.

Je viens de revoir « Le Béret de la Tortue » au Festival « Bruxellons ».
C'est différent ! Les acteurs sont aussi différents tout comme le metteur en scène, Daniel Hanssens , qui a opté pour donner aux six personnages un côté disons plus humain.

On rit énormément durant les 100 minutes de la représentation et cependant les dialogues sont agressifs, mais les comédiens apportent le rire par leur façon de jouer le texte, de l'envoyer vers le public, avec démesure qui ressemble quelque peu au ton habituel d'un vaudeville.
Mais les situations proposées par les deux auteurs appartiennent à la comédie.

Impressions de notre spectatrice attitrée, Mijanou Loosen.

Mijanou : C'est LA comédie de l'été par excellence !
Si vous partez bientôt en vacances avec des amis... si vous revenez de vacances avec des amis... si vous ne partez jamais en vacances avec des amis (et pour cause !)...c'est le spectacle par excellence qui vous fera hurler de rire, et reconnaître les petits (ou grands) défauts de vos proches (pas les vôtres, bien sûr !).
Qui n'a pas une belle-sœur qui débarrasse la table à peine la dernière bouchée avalée par ses convives ... ?

Oui, vous passerez une excellente soirée avec ces six vacanciers, bien typés tous les 6 ; mais - et c'est là tout le talent de l'équipe - pas stéréotypés !

Au fond, la place au Karreveld pour ce spectacle devrait être remboursée par la sécurité sociale ! Cela fait tant de bien de RIRE !

« Le rire est le propre de l'homme » (Henri Bergson)

Six acteurs qui se déchaînent, qui virevoltent dans cette villa louée par trois couples pour leurs vacances… Ca grince, quasiment depuis le début de la pièce où s'installent dans leur chambre les six personnages. Trois couples faits pour s'entendre ? Il ya des problèmes…
Ta ta ta ta ta ta.

Si vous voulez connaître plus dans le détail cette pièce hilarante et cruellement drôle, prenez connaissance de ma chronique critique publiée en 2005 et reprise dans ma nouvelle chronique sous le titre de :« Bruxellons. Festival de Théâtre 2011 »

Je tiens à les féliciter tous pour leur talent, leur compétence, leur performance :
toute l'équipe technique et nos six comédiens : Colette Sodoyez (Mireille qui hurle sans arrêt) , Michel Hinderyckx ( son mari …ta ta ta ta), Pierre Pigeolet (Xavier, le nerveux vétérinaire ), Valérie Marchant( Martine, son épouse), Victor Scheffer( Luc, le mari de l'incroyable Véronique jouée par l'étonnante Laure Godisiabois.

Ah ! Ces six comédiens en ont du punch, qu'ils manifestent formidablement bien, et plus encore au cours du deuxième acte…

C'est pas magnifique le Théâtre ?






 
  Roger Simons,

ETAT DE COUPLE  ( Argan 42)

Etats de couple : tu m’aimes, pour quoi ?

Voici une composition fantaisiste de scènes de couple, tantôt acerbe, tantôt tendre, toujours humoristique à travers leur grandeur et leur décadence. L’absurde et le surréalisme plantent le décor dès la première scène … dérapage immédiat pour s’être fiés à un livre de savoir vivre plutôt qu’au savoir être. La toile de fond est faite de pure mauvaise foi. Les nuances de cette toile lumineuse revêtent les couleurs pastel de l’arc en ciel, au propre et au figuré, pour faire le tour de toutes les situations et en voir de toutes les couleurs ! Savants jeux de projecteurs, sensibles et épicés. Les liens musicaux légers et discrets sont de vrais morceaux choisis. Les scènes éclair se succèdent, les mimes, les mimiques, les rires, les pleurs, les crises et quelques abandons. On se reconnait par flash soudains d’une phrase que l’on a sûrement déjà prononcée un jour et cela chatouille le cœur.

 

Tout est une question d’optique et de ses illusions. Les changements de lumières, ceux des costumes nous emmènent dans le kaléidoscope amoureux, fracturé par les tâches domestiques, la télé, le boulot, les mille et une incompatibilités et hostilités rentrées. Scènes d’heurs et malheurs domestiques, puis comme un refrain de Zazie dans le Métro on se retrouve soudain avec la même scène, déjà vue, jouée de dix manières différentes, à la Raymond Queneau…. C’est comme dans la vie: ces nœuds sur lesquels on bute sans jamais vouloir changer une ligne du dialogue. Survient alors une magnifique scène de solistes - couple oblige - qui commence tout en douceur, chacun sa partition, et se termine en apothéose cacophonique aussi hilarante que brillante. Qu’ils sont beaux quand ils sont en colère, lorsque homme et femme orchestre se déchaînent! Les deux comédiens se lâchent complètement dans le pastiche de la scène d’ouverture de la Jalousie de Sacha Guitry. Bonheur d’interprétation! Colette Sodoyez est exquise ! La fin ressemble comme deux gouttes d’eau à du Guillaume Musso. Au milieu de toutes les scènes turbulentes dans la mosaïque de ce chaos organisé, on découvre… un couple enlacé dans le vitrail !

 

Une comédie de Marc Pheline et Odile Clair

Avec Colette Sodoyez et Michel Hinderyckx

Mise en scène: Laurent Renard

Photos LucTourlouse 2010, festival Bruxellons

Une production de Argan42, la comédie de Bruxelles, Au Théâtre des Martyrs pour la saison 2010-2011

 


Quand des tas de couples sont ce qu’ils sont

Il l’appelle « Minou ». Elle l’appelle « Lapin ». Ah, là oui vraiment, ça commence bien. Et ça n’arrête pas un instant de miauler, sauter, ronronner, cavaler, dresser l’oreille, et la queue, caresser... dans le sens du poils parfois, mais à rebrousse poils surtout.

« Elle et lui », comme on n’aimerait pas être, mais que l’on est quand même, comme on aimerait être mais que l’on n’est pas, comme on sera un jour, comme on est tout court ou comme on ne sera décidément jamais... Leur rencontre, leurs engueulades, leur amour naissant, finissant, leur fausse amitié, leurs retrouvailles à la maison tous les soirs deviennent d’hilarantes caricatures expérimentales qui nous plongent comme témoin dans un laboratoire de zoo-sociologie où les exercices de styles fumants, explosifs, bouillonnants, ne manquent pas de créer de nouvelles formules et d’inventer de drôles de bêtes humaines. Le cinéma, la pub, l’opéra, la danse contemporaine, la télévision, tout y passe, à la moulinette des meilleures pâtés pour animaux étranges que sont l’homme et la femme côte à côte, face à face, l’un derrière, devant, sur ou en dessous de l’autre. Le dompteur Laurent Renard, qui porte bien son nom, a rusé d’agilité dans sa mise en scène, ronde comme une piste de cirque, une arène, un vieux 33 tours rayé, une valse lente, une tarte aux fraises, un bouton de culotte. Dans ce numéro en duo, Colette Sodoyez est une femelle tour à tour sauvage, apprivoisée, domestiquée. Elle change de peau comme elle respire, passant des poils aux plumes, des écailles à la carapace. Michel Hinderyckx est un fauve aux allures de nounours bien léché qui aime lire Picsou. Et quand ces deux ex, leur numéro bien en mains, se retrouvent, non pas aux portes du Forem comme on le croit, mais devant celles du Paradis, la gorge nous serre. Un ange passe. Ah ! C’est beau l’amour !

Céline Verlant

 

http://www.demandezleprogramme.be/-Detail-agenda-?id_event=5014

LES PALMES DE MR SCHUTZ

Théâtre-CRITIQUE

A la recherche de la lumière bleue

Philip Tirard

Mis en ligne le 16/07/2004

Le spectacle d'été du Karreveld conjugue histoire de la science et rire. On y redécouvre le radium et une femme épatante, Marie Curie, alias Colette Sodoyer.

Quatorze ans après sa création dans le théâtre privé parisien - sanctionnée par une pléthore de Molière -, la pièce de Jean-Noël Fenwick, «Les Palmes de M. Schutz», a fait le tour du monde (Chine comprise!) et a été transposée avec bonheur au cinéma par Claude Pinoteau en 1997, non sans avoir tenu l'affiche à Paris pendant six années d'affilée. C'est ce qu'on appelle un succès.

Exposer aux aléas du plein air cette comédie intimiste - tout se passe dans le laboratoire décati de l'Ecole de physique et de chimie de Paris où travaillent les savants - aux accents boulevardiers et au contenu attractif relevait de la gageure. Mission accomplie, cependant, pour l'équipe de Bulles Production, désormais bien rodée à la cour du château du Karreveld à Molenbeek, avec son charme et ses vicissitudes: ah ces concerts d'oiseaux exotiques sur la basse (quasi) continue des cargaisons volantes de vacanciers! Ils ne sont toutefois pas parvenus à faire pleuvoir sur la première, qui a... bien plu.

 

La vie au labo

Applaudissements, trépignements de satisfaction des spectateurs, la distribution réunie par le metteur en scène Jonathan Fox méritait l'enthousiasme ainsi manifesté en fin de soirée. Colette Sodoyez est une épatante Marie Curie, volontaire jusqu'à l'entêtement, passionnée comme la Polonaise qu'elle est, intelligente jusqu'à la ruse, avec un soupçon d'espièglerie et une féminité toute personnelle. La comédienne la fait réellement exister en scène. Le personnage de Pierre Curie campé par Laurent Renard s'avère d'une efficacité plus discrète, sorte de contrepoint à sa volcanique collègue et néanmoins épouse.

Un troisième larron hante quotidiennement le labo, Gustave Bémont, fils de petits commerçants, qui ne rêve que de faire fortune en déposant des brevets d'inventeur. Gérald Wauthia étaie de sa puissante nature ce personnage haut en couleur, antithèse dévoyée mais sympathique du très pur zèle scientifique de Pierre Curie. Sur trio improbable règne Rodolphe Schutz, directeur plus obsédé par les honneurs de la carrière que par les secrets de la nature. Crâne rasé, lunettes en tessons de bouteille et barbe trapue, Michel Hinderyckx en fait une figure tonitruante, sortie tout droit d'un album de Hergé ou de Tardi, qui mène à la schlague ses chercheurs, leur «coupant le charbon» en plein hiver pour stimuler leurs neurones.

Repartie et émotion

Et puis, il y a encore la délicieuse Françoise Oriane, nounou, cuisinière et bonne à tout faire au grand coeur de ce couple qui veille plus souvent sur ses alambics et ses appareils de mesure que sur sa progéniture. Incarnation du bon sens populaire, d'après «Les Palmes de M.Schutz», c'est elle qui met Marie Curie sur la piste du radium... On ne jurera pas que c'est historique, mais c'est pittoresque et drôle, en tout cas!

La recherche scientifique avec ses enjeux moraux, académiques et financiers, l'irruption de la femme dans ce monde très misogyne à la fin du XIXe siècle, l'ambition, l'amour, la famille, tous ces thèmes sont intelligemment brassés par ce spectacle familial, sans prétention mais non sans rigueur. Vive et pleine de reparties, l'écriture de Jean-Noël Fenwick - ici assortie de l'une ou l'autre saillie belgicaine - fait toujours mouche, jusqu'en ses roboratives verdeurs. Et il y a même de l'émotion quand, étreignant sa femme et considérant la luminescence bleutée du nouveau métal qu'ils ont précipité au fond d'une éprouvette, Pierre Curie s'enthousiasme sur les services que leur découverte va rendre à l'Humanité...

Bruxelles, Château du Karreveld, jusqu'au 28 août. Tél. 02.724.24.24 et www.bruxellons.com.

© La Libre Belgique 2004

Les palmes de Mr Schutz
Les palmes de Mr Schutz

UN AIR DE FAMILLE

Théâtre - CRITIQUE

Une famille comme les autres

Philip Tirard

Mis en ligne le 26/07/2005

Réalisation soignée pour la comédie douce-amère d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri au Karreveld. Sous le rire, quelques blessures...

Vendredi soir avait lieu la première de «Un air de famille», spectacle tête d'affiche du mini-festival Bruxellons 2005 au château du Karreveld à Molenbeek. Avec ses personnages de la vie de tous les jours, cette chronique familiale à l'humour plombé de mélancolie écrite au début des années 90 par le couple français Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri s'avère décidément une attachante et féconde «machine à jouer».

C'est, en effet, une famille bien ordinaire qui se réunit comme chaque vendredi «Au père tranquille», le bistrot paternel dont Henri, le sous-doué de la tribu, a repris la gestion après la mort de son géniteur. En l'occurrence, la mère, sa fille, ses deux fils et sa belle-fille s'y retrouvent, avant d'aller dîner au restaurant pour fêter l'anniversaire de cette dernière.

Selon une technique éprouvée qui doit beaucoup à Alan Ayckbourn - dont le couple Jaoui-Bacri a adapté «Smoking, No Smoking» pour le film d'Alain Resnais -, les personnages sont pris «en transit» entre deux activités, de sorte qu'ils se révèlent comme par inadvertance. Cela donne l'occasion aux auteurs de travailler une langue familière, rapide et tendue, émaillée de réparties cinglantes, d'actes manqués et de lapsus où les silences et les non-dits comptent autant, sinon plus, que la substance même des paroles.

Pour orchestrer cette petite musique de chambre bien plus subtile qu'il n'y paraît au premier abord, le metteur en scène Jonathan Fox a choisi le dispositif resserré qui lui avait déjà réussi pour «Les Palmes de Monsieur Schutz» l'an dernier. Et son sextuor d'acteurs est à la hauteur de la partition, traversant avec grâce - et en dépit d'une spectaculaire panne de courant le soir de la première - ces deux heures (entracte compris) de représentation.

A tout seigneur, tout honneur, il y a d'abord le bistrotier Henri, dans une interprétation pleine de sensibilité de Marc De Roy. Résigné à sa propre insignifiance - sa mère, son frère et sa soeur n'ont garde de la lui laisser oublier -, il règne avec magnanimité sur un établissement aussi fréquenté que le désert des Tartares, sur son chien paralytique et sur son employé Denis. Michel Hinderyckx campe magistralement ce flemmard invétéré, planqué congénital qui semble préférer la compagnie des livres à celle de ses congénères.

Bleus à l'âme

Une personne pourtant parvient à pousser Denis hors de sa réserve ironique, c'est Betty, la soeur de son patron. Marie-Hélène Remacle donne à cette jeune femme oscillant entre révolte et déprime des contours contrastés, faisant sourdre de ses répliques acerbes des mondes de frustration et de bleus à l'âme. Il faut encore ranger dans le camp des victimes la blonde écervelée Yolande, «Yoyo» pour les intimes, épouse de Philippe, cadre dans une boîte d'informatique.

Colette Sodoyez est épatante en petite bourgeoise bc-bg, entièrement soumise aux caprices de sa belle-mère et à la carrière de son mari. Pierre Plume endosse le costume rayé de ce «numéro quatre» dans son entreprise, obsédé par sa prestation lors d'une interview télévisée deux minutes. Faussement prévenant et foncièrement dominateur, il tremble de trouille devant l'opinion de ses chefs. Il est évidemment le chou-chou de sa mère, marâtre aux opinions bien arrêtées idéalement incarnée par Louise Rocco.

La merveille, c'est que cela ne vire jamais à la caricature. Leur ambivalence confère aux personnages une profondeur face à laquelle le public ne se trompe pas. Croqués sans complaisance dans leur vie étriquée, ils gardent (presque) tous une part de beauté d'âme. D'où, sans doute, cet inimitable «air de famille» qui fait qu'on a toujours plaisir à les retrouver.

Château du Karreveld, jusqu'au 27 août. Représentations surtitrées en français pour les malentendants les 11 et 18/8, en néerlandais les 30/7, 5, 13, 20 et 27/8.

Tél. 02.724.24.24, Webwww.bruxellons.com

© La Libre Belgique 2005

Un air de famille

LA VIE DE CHANTIER

L'ASSASSIN HABITE AU 21

CRITIQUE

L’assassin habite aux Galeries

Philip Tirard

Mis en ligne le 24/10/2008

Un serial killer sévit dans le fog londonien: mystère et terreur. Claude Enuset monte Steeman en couleur locale avec une solide distribution.

Quatorze comédiens en scène et toutes des "pointures": le nouveau spectacle des Galeries, "L’Assassin habite au 21", vaut la peine d’être vu rien que pour la somme des talents qui s’y sont donnérendez-vous. Sous les traits d’un Patrick Brüll lumineux et tracassé, le commissaire Strickland tente de démêler l’inextricable situation à laquelle il est confronté. Avec le renfort un tantinet importun et intéressé de son beau-frère, le journaliste Ginger Lawson (Fabrizio Rongione, incisif reporter digne de Tintin), Strickland serre de près les clients de la pension de famille du 21 Russell Square.

Un informateur crédible (musculeux et tatoué David Leclercq) affirme y avoir vu entrer le tueur en série qui terrorise Londres depuis plus de deux mois. Mais chaque fois que le chef d’enquête croit tenir son homme, un nouveau meurtre est commis au moment même où l’on interroge le suspect n°1

Galerie de portraits

La célèbre intrigue imaginée par le non moins fameux romancier belge Stanislas-André Steeman (1908-1970) revit ici dans une adaptation signée Fabrice Gardin qui a voulu tout à la fois tendre le ressort du polar et donner consistance aux pensionnaires de Mrs Hobson. Jouée par une Manuela Servais plus british que nature, celle-ci "règne" sur une fameuse cour, secondée par Mary (pétillante Stéphanie Blanchoud), soubrette à la formation littéraire. Il y a le major revenu des Indes incarné aux petits soins par Alexandre von Sivers, monocle vissé à l’œil et préjugés aussi rigides que sa veste en tweed, toujours effaré par le temps que passe Miss Holland à écrire ses livres pour enfants (Colette Sodoyez, droit sortie d’un Agatha Christie). Le prestidigitateur hindou Lalla-Poor (Toni d’Antonio), le scientifique français de passage M.Durand (Ronald Beurms) et l’exilé russe Mr Andreyew (belle présence de Jean-Marc Delhausse) assurent une touche d’exotisme. Didier Colfs joue le bègue Mr Collins, vendeur de TSF de son état, et Freddy Sicx est l’inquiétant Dr Hyde.

Tout ce petit monde s’accommode tant bien que mal de la présence en leur sein du redoutable tueur qui signe ses crimes "Mr Smith", et du commissaire Strickland et de ses seconds (Hervé Guerrisi, Ronald Beurms, Tristan Moreau). Habitué des mises en scène de suspenses, Claude Enuset joue avec assurance et efficacité sur les différents plans et étages du décor réaliste de Francesco Doleo, ainsi que sur les éclairages atmosphériques de Félicien Van Kriekinge et les effets sonores spectaculaires de Laurent Beumier. De sorte qu’on passe une très agréable soirée dans cette partie de Cluedo avant la lettre et grandeur nature. Et à la fin, on ne peut que s’exclamer in petto "Bon sang, mais c’est bien sûr" Bel hommage à l’autre maître du roman policier belge, à l’occasion du centenaire de sa naissance.

UN VRAI BONHEUR

LES LIAISONS DANGEREUSES

Les liaisons dangereuses
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Décathlon-Elle est là- L'étranger
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